Béatrice CHANFRAULT (52 Saint Dizier)
POURQUOI JE PEINS
Lorsque j’ouvre la porte de mon atelier, j’ai l’odeur si particulière et enivrante des essences diverses de peinture, térébenthine, colle, papier, café froid. Je regarde et reprends possession de mes toiles. Je leur parle, observe de près celle, qui sur son chevalet, m’attend. Devant ma toile, plus rien d’autre n’existe. Tout en moi fait corps avec la matière. Ce que je ressens, perçois, est intimement noué. Je prépare mes supports : je colle, décolle, froisse, je plisse en y mêlant sable, papier de soie, papier crépon, copeaux de bois… La « toile-matière » prend forme, c’est elle qui me guide, je suis à l’intérieur, en osmose avec elle. Les couleurs dessinent les formes. Je suis dans l’intemporel : ce n’est plus moi qui regarde, c’est elle qui me happe, m’emprisonne jusqu’à sa naissance.
BIOGRAPHIE
Diplômée en Arts Plastiques Formation d’art thérapeute à Paris Expositions personnelles régions Parisienne et Champagne Ardennes Installation de mon atelier en juillet 2009
A la fin de mes études à Strasbourg, j’ai enseigné quelque temps puis je suis partie en Bretagne où j’ai créé un atelier d’artisanat. De retour aux sources haut-marnaises, j’ai élevé mes deux garçons, tout en animant des cours du soir de peinture et en participant à des expositions collectives. J’ai repris mon activité artistique en 2004.
EXPOS
2006 : le corps dans tous ses états 2008 : le corps exulte 2009 : a peau strophe 201O : in vivo
RECHERCHE ARTISTIQUE ET PLASTICIENNE
De l’étude du corps humain où déjà je ne pouvais le contenir dans le format-toile, le corps a pris forme émergeant tels des bas-reliefs que je façonnais avec du sable. Toujours plus loin, au-delà du corps, il me fallait le pénétrer, aller sous son enveloppe peau, découvrir ce qu’elle pouvait me révéler : ridée, plissée, lissée, mise à nu, le corps disparait sous une peau âme .Par la mise en couleur, je trace le cheminement interne de la toile-peau. Le corps disparait pour libérer la vérité de la peau mise à nu.
2008/ 2009 AU DELA DU CORPS
Ce que je peins, vient d’une nécessité interne, ancré dans le corps tout entier et tend vers cet au-delà. Ma peinture est dedans et dehors, mentale et corporelle, individuelle et collective, sans âge, expression de valeurs permanentes. Je me mets à nu et projette dans le miroir-toile mes repères d’humanité. La surface du corps renvoie à la surface des signes et des apparences. Au-delà de la peau, le corps est enfin libre du désir qui creuse des trous dans la peau des choses où explosent les vérités. Comme un souffle d’élan vital, sous les couches d’apparat et du beau, la toile devient suaire, traces ultimes de notre corps, elle ; seule, respire.
Apeaustrophe 2009
IN VIVO
Du corps à la peau, ma recherche plasticienne révèle une quête inlassable de notre identité. Pourquoi, en flânant sur les brocantes, j’ai amassé tant de poupons?... Peut-être le non-souvenir d’en avoir tenu un lorsque j’étais enfant. Les supports sur lesquels je travaille, ne peuvent être vierge : il y a toujours une trace, que ce soit sur une ancienne peinture, sur des papiers collés, sur du sable. Ici, le poupon que l’enfant a tenu, a dorloté, a maltraité, s’est confié, s’est fâché, s’est endormi avec, cet objet empreint de vie intime, c’est avec un véritable respect que je l’ai mis en œuvre. Une amie, qui m’avait confiée une de ses «vieilles» poupées, a été très émue de la reconnaître sur l’une de mes sculptures. In vivo, ou la représentation métaphorique des stigmates non conscients de notre héritage génétique
novembre 2010
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